Catégorie : Chroniques littéraires

  • A l’aveugle – Fanny CHAMBERT

    A l’aveugle – Fanny CHAMBERT

    Un thriller entre ténèbres et révélations : dès les premières lignes, le ton est donné : « On croit toujours que voir l’invisible est un don. La vérité, c’est que c’est une malédiction. »


    Ce roman nous plonge dans la vie d’Élodie, une jeune femme médium malgré elle, condamnée à voir et entendre les morts. Son existence bascule lorsqu’elle se retrouve mêlée à une enquête de disparition dirigée par Erick Merzani, commandant de la brigade criminelle. Aux frontières du réel, les voix de l’au-delà vont guider — ou égarer — ceux qui cherchent la vérité.

    Une ambiance en clair-obscur : le récit s’ouvre sur une atmosphère oppressante : froid, murmures, frissons… L’autrice installe une tension constante qui ne faiblit jamais. La frontière entre folie et don se brouille, et le lecteur partage les tourments d’Élodie.
    Les descriptions sont précises, presque cinématographiques : on voit les visages des morts, on entend les bruits étouffés, on ressent la peur qui s’infiltre à chaque page.

    Une intrigue rythmée comme une série policière : en parallèle du surnaturel, l’enquête policière est menée tambour battant. Les disparitions s’enchaînent, un peu rapidement à mon goût, j’aurais aimé plus de développement des enquêtes, les indices s’accumulent, et chaque chapitre apporte sa dose de rebondissements.
    Le duo Erick–James fonctionne à merveille : entre cynisme, tension et loyauté, leur relation apporte du relief au récit. L’arrivée d’Élodie dans l’enquête ajoute une dimension émotionnelle forte et fait basculer le roman dans le registre du thriller psychologique.

    Des personnages marqués par leurs blessures : ce qui rend l’histoire si prenante, ce sont les failles des protagonistes.
    Élodie, figure tourmentée, incarne la sensibilité à fleur de peau et la douleur de ceux qui portent le fardeau de l’invisible. Erick, policier endurci, dissimule ses failles sous une carapace d’ironie et de colère. Leurs trajectoires s’entremêlent dans une tension à la fois dramatique et humaine.

    Un final haletant : à mesure que l’enquête progresse, les vérités cachées refont surface et l’on comprend que rien n’est dû au hasard. L’auteur joue habilement avec les nerfs du lecteur, jusqu’à un dénouement chargé d’émotion et de noirceur.

    Ce roman est une plongée captivante dans les ténèbres de l’âme humaine. L’écriture, fluide et sensorielle, maintient une tension constante. L’auteur parvient à marier deux univers – policier et spirituel – sans jamais perdre le lecteur.
    Un livre qui questionne la frontière entre le don et la malédiction, entre la vie et la mort, entre la vérité et la folie.


    Une lecture intense, troublante et impossible à lâcher.

    ÉDITEUR : AUTO-EDITION  ISBN : 9798264263279  PARUTION : 07/09/25   NOMBRES DE PAGES : 187 GENRE : THRILLER PARANORMAL   NOTE : 4.5/5

  • Les chroniques de Hallow House, tome 1 Le silence des loups – Michèle BECK

    Les chroniques de Hallow House, tome 1 Le silence des loups – Michèle BECK

    Bienvenue à Hallow House, un lieu où le silence cache des secrets, où les rêves s’entrelacent à la réalité, et où les ombres chuchotent sous la lumière de la pleine lune.
    Avec ce premier tome, Michèle Beck nous plonge dans une romance paranormale slow burn à l’atmosphère envoûtante, parfaite pour les soirées d’automne.

    Le résumé : Holly, conseillère d’éducation à Traverse City, est hantée par d’étranges cauchemars : une vieille maison, une voix qui l’appelle, et un loup aux yeux d’or.
    Ce qu’elle croyait être le fruit de son imagination prend une tournure bien réelle lorsque des crimes, étrangement similaires à ceux de ses rêves, secouent la ville.
    Sa route croise alors celle d’Alaric, un loup-garou au passé tourmenté. Ensemble, ils vont tenter de comprendre le lien mystérieux qui les unit, entre secrets enfouis, spectres du passé et attirance interdite.

    Mais dans cette maison oubliée, la vérité a des crocs… et elle connaît son nom.

    Mon avis : J’ai totalement succombé à l’ambiance de ce roman ! Michèle Beck nous offre une histoire à la fois gothique, sensorielle et romantique, où chaque page distille un parfum de mystère.
    On se laisse happer par cette atmosphère brumeuse, cette tension palpable entre rêve et réalité, et par la douceur de certains moments autour d’un cappuccino ou d’une infusion partagée.

    J’ai adoré Holly, une héroïne attachante, forte malgré ses failles, en quête de sens et de vérité. Quant à Alaric, il incarne à merveille le loup-garou ténébreux qu’on adore : charismatique, loyal, mais marqué par ses blessures. Leur relation, toute en subtilité et en retenue, fait battre le cœur un peu plus fort à chaque rencontre.

    L’autrice maîtrise parfaitement l’art du slow burn : on sent la tension grandir, la complicité s’installer, tout en maintenant un équilibre captivant entre romance et suspense surnaturel.
    Les descriptions sont riches, les dialogues justes, et la plume, à la fois poétique et immersive, nous plonge au cœur de Traverse City et de ses forêts hantées.

    En bref : Le silence des loups est une magnifique entrée en matière pour cette nouvelle série.
    Un roman où l’on croise des spectres, des secrets de famille, des loups, des émotions à fleur de peau… et beaucoup, beaucoup de mystère.

    Un page-turner qui m’a transportée du début à la fin — et dont j’ai refermé les dernières pages avec une seule envie : retourner à Hallow House.

    À lire si vous aimez :

    Les romances paranormales slow burn

    Les ambiances brumeuses et mystérieuses

    Les histoires de loups-garous au grand cœur

    Les héroïnes fortes mais sensibles

    Les récits entre rêve et réalité

    ÉDITEUR : AUTO-EDITION  ISBN : 97982621021122  PARUTION : 28/08/25   NOMBRES DE PAGES : 326 GENRE : ROMANCE PARANORMALE   NOTE : 4.5/5

  • Ape-sitter – Agathe MULOT

    Ape-sitter – Agathe MULOT

    À Paris, l’automne s’installe, tout comme la lassitude de Michel, un vieil homme diabétique qui vit difficilement les contraintes liées à son âge. Pour l’aider, son petit-fils Constantin doit s’improviser “ape-sitter”, le temps de veiller sur un grand-père rétif à toute aide, grincheux et déterminé à rendre la cohabitation la plus compliquée possible.

    Mais Constantin rêve d’ailleurs : son semestre au Japon se profile, promesse d’indépendance et de nouveaux horizons. Pourtant, une question persiste : comment partir sans culpabiliser ? Comment se détacher de ceux qui comptent sur nous, sans se sentir égoïste, surtout quand l’hiver approche et que la solitude menace ceux qu’on laisse derrière ?

    Ape-sitter aborde avec délicatesse la relation intergénérationnelle, entre amour, agacement et devoir familial. À travers l’opposition entre l’élan de jeunesse et le poids de la vieillesse, Agathe Mulot nous offre un récit touchant, parfois drôle, parfois amer, qui sonde la difficulté d’être présent pour les autres sans s’oublier soi-même.

    C’est un roman intimiste, empreint d’humanité, qui questionne notre rapport aux proches vieillissants et la culpabilité de chercher sa propre liberté. J’ai été particulièrement touchée par les silences, les maladresses et les instants suspendus entre Constantin et Michel – ces petits riens du quotidien qui révèlent l’essentiel.

    Une lecture qui bouscule et fait réfléchir : jusqu’où doit-on aller pour accompagner ceux qu’on aime ? Et à quel moment a-t-on le droit de choisir sa propre route ?

    Et vous, comment vivez-vous l’équilibre entre prendre soin des autres et penser à vous-même ?

    ÉDITEUR : LES EDITIONS VIVAT  ISBN : 9782385840594  PARUTION : 12/12/24   NOMBRES DE PAGES : 54 GENRE : LITTERATURE CONTEMPORAINE   NOTE : 4.5/5